Nos références, nos inspirations

L’accolade est un espace de recherche artistique et aussi un espace de réflexion, d’engagements, de valeurs.
Le dysfonctionnement et la contrainte sont des opportunités créatives.
La maintenance est un acte artistique et politique.
Voici quelques livres, artistes, projets qui ont guidé notre projet.

Le soin des choses, politiques de la maintenance (2022)
de Jérôme Denis et David Pontille, Éditions La Découverte

La maintenance, comme acte politique, artistique et citoyen
Joan Tronto, politologue et féministe américaine, défend une éthique du care et affirme que  “prendre soin”, c’est-à-dire maintenir, réparer, préserver, sont les conditions pour un monde habitable.

Jérôme Denis et David Pontille, avec une approche sociologique de la maintenance, soulignent que tous les objets, qu’ils soient banals ou prestigieux, nécessitent une forme d’entretien pour perdurer et critiquent l’obsession contemporaine pour l’innovation, qui tend à invisibiliser le travail quotidien de maintenance. En mettant en lumière ces activités souvent dévalorisées, les auteurs nous invitent à décentrer notre regard et à reconnaître l’importance de ceux qui prennent soin des choses.

L’image de couverture du livre est une photo de Mierle Laderman Ukeles, artiste féministe new-yorkaise aujourd’hui reconnue comme l’une des pionnières de la performance et de l’art environnemental. À la fin des années soixante, elle écrit un manifeste intitulé 𝑀𝑎𝑛𝑖𝑓𝑒𝑠𝑡𝑜 𝑓𝑜𝑟 𝑀𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒 𝐴𝑟𝑡, et sous-titré 𝑃𝑟𝑜𝑝𝑜𝑠𝑎𝑙 𝑓𝑜𝑟 𝑎𝑛 𝐸𝑥ℎ𝑖𝑏𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 « 𝐶𝑎𝑟𝑒 », dans lequel elle imagine un « art de la maintenance ». Depuis près d’un demi-siècle, elle interroge, en tant qu’artiste, les gestes minuscules ou les vraies corvées nécessaires à l’entretien du monde, elle s’attache à trouver des formes, plastiques ou symboliques, instantanées ou processuelles, qui incarnent la nécessité du maintien de la vie ordinaire et ses enjeux politiques.


Design pour un monde fini (2024)
lexique à l’usage de celles et ceux qui veulent maintenir l’habitabilité du monde
de Camille Bosqué – Éditions Premier Parallèle

En 1971, Victor Papanek publie Design pour un monde réel, appelant à repenser la manière de concevoir dans un monde injuste et en crise. Plus de cinquante ans plus tard, ces enjeux sont à vif. Ce lexique propose un outil engagé, non objectif, pour réfléchir au rôle du designer face aux défis contemporains, dans un monde désormais fini.

Épuisement des ressources, urgence climatique et complexité croissante de nos systèmes techniques. Avec l’accolade, on vient aussi questionner la légitimité, l’éthique et la responsabilité du design.
Notre atelier d’auto-édition, avec nos imprimantes obsolètes et de seconde main, propose un geste politique, celui d’ouvrir les boîtes noires, d’encourager la réparation, le détournement, l’appropriation. En somme, remettre en jeu la capacité des usagers à comprendre, modifier, hacker, éditer et créer.

Cette posture s’incarne dans notre pratique exploratoire du soin auprès de nos imprimantes.


Printing at home (2010)
Xavier Antin

On devrait commencer par cet ouvrage, car il est au début de l’histoire de l’accolade.
Printing at Home est un projet emblématique de l’artiste français Xavier Antin, connu pour son exploration des technologies d’impression et des chaînes de production. Dans cette œuvre, Xavier Antin détourne et assemble différents outils domestiques d’impression – imprimantes grand public, machines obsolètes, périphériques bricolés – pour créer un dispositif hybride capable de produire une image unique.

L’installation met en lumière la manière dont chaque machine, avec ses limites et ses propriétés techniques, participe à la formation d’un résultat final. Plutôt que de chercher l’efficacité ou la perfection mécanique, Antin valorise l’erreur, la contrainte et l’imperfection comme matériaux artistiques à part entière.

Printing at Home interroge ainsi nos relations quotidiennes avec les outils numériques, la reproductibilité des images et le rôle de la main dans un processus automatisé. En détournant des objets du quotidien, Antin révèle la poésie cachée dans les flux d’encre, les décalages d’impression et les gestes invisibles qui façonnent nos images.
Cette démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur la matérialité de la technologie et sur la façon dont les machines, même les plus banales, racontent des histoires quand elles sont sorties de leur fonction initiale.


Bourrage papier, leçons politiques d’une imprimante (2025)
Matthieu Raffard et Mathilde Roussel, Éditions Les Liens qui Libèrent


« Irrigué de pensée féministe, ce livre propose une manière alternative de faire connaissance avec un objet technologique. Les auteur·ices nous montrent comment on peut non seulement partir à la rencontre d’une imprimante, mais aussi comment on peut construire, à partir d’un objet du quotidien, des savoirs inédits.
Un livre de recherche et de création, dans lequel les images s’entremêlent avec le texte, et où l’on pourra à sa guise suivre les méandres d’une argumentation polyphonique convoquant tour à tour des notions d’esthétique, des concepts politiques, des descriptions techniques et des réflexions sur ce que cela signifie de vivre dans un monde où nous n’avons plus de prise sur les objets technologiques.
« 

Autant vous dire qu’à la lecture de la 4e de couverture, on a bondit !
Vivement de pouvoir accueillir Matthieu et Mathilde dans notre atelier et de vous proposer une présentation de leur travail !


Le livre est-il écologique ? (2020)
Manifeste de Wildproject

 » Nous, acteurs et actrices de terrain des divers mondes du livre, nous interrogeons sur la pérennité, la solidité et la pertinence de l’évolution des chaînes du livre et de nos métiers. En fondant l’Association pour l’écologie du livre, nous avons décidé de réfléchir ensemble, de façon transversale et interprofessionnelle, à ce que pourraient être les livres post-pétrole.
L’association pose une question simple : qu’est-ce que cela voudrait dire de fabriquer, publier et diffuser les livres de façon écologique ? À quoi pourrait ressembler dans vingt ou trente ans le livre de l’après-pétrole ?
Avant que les institutions publiques et les « gros joueurs » n’ajoutent une pastille verte ou un autocollant « bio » sur des livres, nous souhaitons proposer une autre démarche, une manière à la fois alternative et complexe de penser les liens entre l’écologie et le livre.
« 

Petit guide de réflexion sur les alternatives et les démarches dans le milieu de l’édition, où nous retenons la proposition de trois axes de l’écologie du livre : l’écologie matérielle, l’écologie sociale et l’écologie symbolique.


Parfaites imperfections,
Comment transformer ses erreurs en idées géniales pour se planter en beauté. (2026)
Erik Kessels, Edition Phaidon

Ce livre explique que les erreurs et les échecs peuvent devenir une source de créativité et d’innovation. Au lieu de chercher la perfection, l’auteur encourage à accepter les ratés et à les utiliser comme point de départ pour de nouvelles idées.
Selon Erik Kessels, la peur de l’échec bloque souvent la créativité. Pourtant, expérimenter, se tromper et rater fait partie du processus créatif. Les imperfections permettent parfois de découvrir des solutions originales et inattendues.
À travers des exemples issus de la photographie, du design ou de l’art, le livre montre que les accidents et les erreurs peuvent produire des résultats uniques. Il invite donc les créateurs, étudiants ou professionnels à oser essayer, même au risque d’échouer.


Underground Business
Cahier d’enquêtes sur les cultures en marges, (2019)
de Sebastien Escande, aux Éditions Barbapop.

Un travail d’enquêtes, d’interview, sur les cultures en marges, mariné d’expériences collectives, nourri de moments, concerts, projections, ateliers, rencontres…
Il nous a été chaudement recommandé par Chamo des éditions Artichô ! Et on a bien galéré à trouvé cet ouvrage car il n’est plus édité, il n’est pas dans le réseau des bibliothèques régionales, ni dans catalogue AMU, ni nulle part auprès des structures marseillaises mentionnées dans le livre.
Mais la plupart des projets – eux – existent encore !


Papier feu
Papier Feu est un atelier d’édition militant installé à Saint-Étienne, monté par deux femmes (!!!).
Papier feu explore l’édition comme un terrain d’expérimentation au service des luttes et de l’éducation populaire. Là bas, chaque objet se conçoit entièrement à l’atelier, de l’idée à l’impression. Elles pratiquent les gestes d’une tradition éditoriale artisanale, les doigts pleins d’encre, attentifs aux rouages de leurs machines. Leur démarche s’inscrit dans une réflexion sur l’objet livre et les techniques low-tech : façonnage des ouvrages à la main sur des rotatives (Gestetner / Rex Rotary), en explorant des formes qui se déploient, s’ouvrent et se manipulent.

On vous en dit plus quand on les aura rencontré !